On a créé toute une armada de labels, d'appellations, de logos, de visas, de marques... sensés garantir une vraie qualité... Et pourtant...

 

Le marché se moque bien des règles de l'art, et de la satisfaction des hommes ; de celle qu'a l'homme à bien faire son travail, comme de celle qu'a l'homme à la saveur de ce qu'il mange...

 

Le marché fait appel à tous les travers et à toutes les bassesses, il les suscite et les exacerbe au service de la consommation, à son service...

 

 

 

Le quincailler mettait sa joie à vendre des boulons et des clefs inusables... Le marché sourit quand, aux premiers efforts de la clef du bricoleur, le boulon du magasin de bricolage s'arrondit : ce n'était pas un boulon, c'était un mensonge.

 

Et le marché rit aux éclats quand, sur un vieux boulon que vendait le quincailler d'antan, c'est la clef qui s'arrondit ; ce n'était pas non plus, une clef...

 

Le marché jubile quand, après avoir pesté sur la fadeur du melon de l'hypermarché (car ce n'était pas un melon...) la foule, dans une poussée délirante irrépressible, s'y rue la semaine suivante, parce qu'il y a promotion sur le mensonge : son prix a réduit de moitié... Cette foule n'achète pas de melon, elle achète des prix, et de manière compulsive, sans s'inquiéter si ce prix est attaché à un produit ou à un mensonge...

 

Le marché trouve sa joie dans l'humiliation de l'homme, et sa force dans son asservissement...

 

Une société humaine utiliserait ses connaissances en psychologie et en sciences sociales pour guérir cette folie ; nos connaissances à nous, sont livrées aux publicitaires pour l'exploiter...