L'univers :
On nous parle de big bang (13,5 milliards d'années), d'univers en expansion... sachant que ce n'est pas censé décrire l'origine de l'univers, mais plutôt de l'ère spécifique dans laquelle nous sommes, le début d'un mouvement continu par lequel le monde est devenu ce qu'il est... Le big bang représenterait une période où notre univers dense et chaud, se dilatant : augmentant de volume pour perdre en densité, aurait commencé à laisser passer la lumière, se rendant observable...
Expansion en ondes comme l'effet d'un caillou dans l'eau ?
Expansion en spirale, comme l'effet d'une cuillère qui tourne dans la pâte à gâteau ?
Les lois de la physique ont amené les corps célestes a se rassembler en ensembles plus ou moins solidaires, et ordonnés, selon les mouvements et forces d'attraction de chacun, masses, distances, vitesse...Des ensembles organisés en galaxies, systèmes stellaires, planètes... dont la Terre
L'eau : l'élément primordial de la vie
Sur cette Terre, comme on en a trouvé des traces sur d'autres planètes, un élément indispensable à la vie : l'eau...
On ne connaît pas d'organismes vivant dépourvus d'eau... On imagine donc qu'il n'y a pas eu de vie sur terre, avant qu'elle soit pourvue d'eau liquide (4,4 milliards d'années)...
On peut supposer que son caractère de solvant permet l'accessibilité aux organismes de tous les éléments qui leurs sont nécessaires ; sa présence, à la fois hors du corps et dedans, et sa circulation entre les deux en fait le véhicule import export que le corps utilise pour tous ses échanges...
Entièrement au service de la vie, elle s'attache indifféremment, et se libère de toute organisme ; son caractère universel lui confère aussi un rôle purifiant, car quelque polluant dont elle se charge, elle va attirer les organismes qui vont le dégrader, puisque tous la recherchent...
Elle est un régulateur, et un complice infatigable, qui se remet perpétuellement au service de la vie, changeant d'état, de forme, d'associations, visitant tous les recoins des êtres et de la terre, des cieux aux profondeurs, sans relâche.
Le temps :
Associé à l'espace, par Einstein, et les incas...
« Un jour est comme mille ans, et mille ans comme un jour. »
Il est important à tous les niveaux, l'univers en expansion, la vie en expansion, son évolution, l'homme en expansion, son évolution... tout ceci marche en funambule, sur le fil du temps...
Et l'ordonnancement de la vie, les écosystèmes... ceci fonctionne par la conjugaison appropriée d'échelles de temps différentes, selon les espèces : le temps du champignon, le temps de l'herbe, le temps de l'abeille, le temps de l'escargot, le temps du lapin, le temps de renard, le temps du chêne... le temps de l'univers... Tout est pareillement ordonnancé au service d'un même écosystème, au service de la vie...
La vie :
Pour passer de la matière inerte à la première cellule vivante, (il y a entre 3,5 et 4 milliards d'années...),on subodore un jeu de lumière, une réaction chimique... en changeant l'état de la matière, se crée un dynamisme... et l'eau s'en fait complice... Pour peu que le processus se répète, ou/et puis se régénère, ou se réplique, la graine de vie est semée...
Les lois physiques conservent leur emprise sur ces entités nouvelles, mais d'autres s'y ajoutent... (pas abolir, mais accomplir?)
A partir de là, on a plus de certitudes : un milieu ambiant aquatique pour matrice, une reproduction de la cellule par division en deux cellules semblables, puis des mutations génétiques à l'origine de la diversité...
Mais, par définition, il n'y a plus rien d'inerte dans cette entité nouvelle, et cet environnement dont elle est issue, elle va s'en nourrir, donc y puiser, mais aussi l'enrichir de tout ce que sa vie produit... Elle va le changer... « J'arracherai votre cœur de pierre et vous donnerai un cœur de chair? »
De là, le monde minéral va commencer à se couvrir de matière organique... une mutation hétérogène de l'environnement qui va favoriser l'émergence de nouvelles espèces pour s'y adapter, avec deux effets principaux : une diversification dans la complémentarité, pour répondre à la concurrence sur les ressources, et par cette disparité un foisonnement progressif de la vie et une production exponentielle de matière organique... cette matière permettant l'émergence de nouvelles espèces pouvant s'en nourrir... Et ainsi de suite... « Croissez et multipliez ! » « Je vous rendrai nombreux comme le sable de la mer, comme les étoiles dans le ciel ! » ?
Parallèlement, les organismes deviennent plus complexes ; des cellules différentes vont se spécialiser et s'associer en un corps unique où chacune aura ses fonctions propres...
La constitution de ces nouvelles entités voit à la fois la spécialisation des cellules, leur mise en interdépendance qui conditionne leur survie, et leur total dévouement à un projet commun, qui constitue le corps complexe... La vie avait commencé par un corps unique, autonome, qui se répliquait à l'identique, pour évoluer vers une diversité de corps autonomes complémentaires dans leur milieu, voilà que de ces corps différenciés entrent en communion, à y perdre toute autonomie, pour ne plus former qu'un seul corps complexe.. « L'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et il ne formeront plus qu'un seul corps »...
Et la reproduction sexuée de ces corps complexes va permettre de transmettre les caractéristiques de cet ensemble cohérent, le dédoublement de cellules posant des problèmes de fonctionnalité...
Une fois franchi ce palier, la diversité des espèces semble ne plus avoir de limites, ni les spécificités fonctionnelles : taille, milieu, déplacement, alimentation, relations extérieures, reproduction, durée de vie, organisation du temps...chaque espèce à trouvé sa place, sa niche écologique, et développé ses moyens de subsistance, a montré plus ou moins de résilience ou d'adaptabilité, ou a disparu... Si chaque individu est doté d'instinct de survie pour se préserver, la survie de l'espèce conditionne la reproduction et la vie sociale... le sacrifice comme la compétition y sont fréquents...
Et comme les différentes cellules se trouvèrent organisées pour le fonctionnement des corps complexes, les différentes espèces vont se trouver organisées pour le meilleur fonctionnement du biotope, et son enrichissement...
A un niveau qui n'est plus cellulaire et microscopique, chaque corps va devenir à la fois consommateur et producteur de ressources, auxquelles tous les organismes du milieu vont pouvoir puiser, et que chacun va alimenter, afin que la vie se perpétue ; c'est un écosystème, qui dans une certaine mesure, s'auto régule... Chaque individu ou chaque espèce s'inquiétant de sa reproduction, mais les lois de la vie, palliant aux déséquilibres de ressources par des réponses appropriées : les surpopulations attirent les prédateurs ou favorisent les épidémies, ou les parasites ; et l'adaptation des systèmes de défense, l'évolution de la fertilité sont des réponses parmi d'autres aux menaces d'extinction... Ce, afin de garantir, sinon la survie des espèces à l'identique, la pérennisation de la vie, et les fonctions écosystémiques qui en permettent la diversité...
Le sacrifice
La vie, pour se perpétuer et évoluer, sacrifie constamment des individus, que ce soit par la compétition pour la nourriture ou la reproduction, par prédation naturelle dans le cadre de la chaîne alimentaire, par agression/défense entre rivaux, ou avec des parasites... Et quand bien même d'aucuns y échapperaient jusque là, la vie, aux terme naturels des individus, sacrifie ce qui a été pour laisser la place à ce qui sera...
Nous avons vu que l'individu ne mettait pas sa vie au dessus de la vie ; aucune gazelle ne restera d'elle-même à l'enclos, pour éviter les griffes du lion...
C'est que la vie est un élan, et que l'élan est plus que l'individu...
Ce simple principe porte en lui une multitude de réponses...
Le sacrifice est une notion impopulaire qui fait partie intégrante d'un écosystème, et qu'un système financier peut mettre à son service.
La spiritualité
Autant la religion est une création humaine, autant rien n'interdit de penser que tous les êtres puissent être pourvus d'une spiritualité... Je crois même que c'est elle qui impose à chacun de tenir sa place dans le monde, sans en dévier, pour assurer sa pérennité...
Cette conscience d'un univers ordonné, rassemblé, et du lien qui nous y attache, va fonder les mythologies comme autant d'hypothèses qui décrivent cet ordre et évoquent son Ordonnateur... autant de représentations du monde et des dieux qui le font tourner.
Mais selon la représentation que l'on s'en fait, et la place que l'on s'y donne, on pense et agit différemment... L'homme, espèce au libre arbitre particulièrement développé, va éprouver le besoin de retisser les liens avec la vie, que ce libre arbitre a pu faire craquer : de leur vision du monde, les peuples vont tirer de la spiritualité des codes de conduite élaborés qui vont rythmer la vie de chacun : une religion, pour relier les hommes dans un même esprit.
Et la poésie est le moyen par lequel chacun va exprimer sa spiritualité, c'est à dire les morceaux de Vérité qu'il croit capter, que la raison n'aurait su concevoir...
L'homme :
En tant qu'être vivant, l'homme, au début, ne fonctionne pas différemment des autres; espèce à part entière, il participe pareillement, inconsciemment peut-être, à l'entretien et à l'enrichissement de son environnement, au service de tous... Et l'individu, s'il prend garde machinalement à sa propre survie, il met au dessus celle du clan, de la lignée, de l'espèce... en participant à la défense, à l'entretien des enfants et des femmes qui en sont les gardiennes et les nourricières...
De même que les premières cellules, issues d'une même souche, se sont diversifiées et spécialisées pour constituer un écosystème adapté au milieu, de même que d'aucunes se sont unies en êtres complexes, et que ces êtres complexes variés ont travaillé eux-mêmes, dans leur diversité, à constituer des écosystèmes à leur échelle... les hommes en tant qu'individus, se sont aussi spécialisés pour faire vivre comme un nouveau corps complexe : leur société, et se sont aussi organisés en écosystèmes d'hommes. Chacun selon ses aptitudes et ses attraits, participant au bien être de tous, créant, produisant ou récoltant... ce qui servira à tous... Chacun pourtant, suivant son chemin...
La reconnaissance et les honneurs qui pouvaient en revenir à certains, créaient pour tous une exhortation à participer à cette œuvre, et à la fois une forme de soumission, de dépendance ou de vassalité, qui somme toute formait un cercle vertueux...
Bien sur, à mesure que l'homme évolue, cette organisation n'est plus considérée comme le fruit du hasard, comme tombée du ciel : mais c'est son œuvre... Et comme les écosystèmes sont différents selon les lieux et les espèces, tout en conservant des principes primordiaux, ces organisations sont différentes, selon les lieux et les hommes...
Mais il y a d'autres organisations, que l'homme va concevoir, chaque fois selon les lieux et les peuples : l'organisation du monde, de l'univers, c'est à dire l'idée qu'il s'en fait ; l'organisation de la nature à son profit ; comme l'organisation de sa propre société... Et parce que ce sont toutes des organisations conçues de main d'hommes, elles sont rassemblées dans un même mot :
La culture.
Une culture est à l'homme ce qu'un écosystème est à la nature : une culture est un écosystème d'hommes !
Mais la portée de ce mot ne s'arrête pas là.
Par son origine étymologique, il évoque le service : celui que la nature rend à l'homme... et celui que l'individu rend à la communauté ; et il évoque l'adoration : celle qui rassemble la communauté dans une spiritualité par laquelle elle s'explique ce don reçu, et en rend grâce... et celle par laquelle chacun se dévoue pour tous et pour Le Tout...
Dès lors, l'homme s'affirme comme créature à part, dans la nature, et il fait feu de tout bois, outil de toute matière, pour réaliser sa vocation propre de créateur... Il doit arriver, certes, qu'il se laisse déborder par ses créations, que sa spiritualité se fasse fanatisme, que ses constructions se fassent destructrices, et que sa spécificité lui monte à la tête, a vouloir transformer les services gratuits en asservissements, et à vouloir se rendre lui-même, en tant qu'individu, objet de culte... Mais si la force et les armes peuvent, un temps donner raison à ses folies, il finit toujours par revenir aux réalités de la vie, et à la culture, au service, à la dévotion à la vie...
La culture organise, pour leur cohérence, les activités des hommes ; une religion met en cohérence leurs spiritualités et réglemente les activités en fonction de cette cohérence
Mais la puissance d'une culture ne s'arrête pas à une transmission de savoirs, de valeurs... et à l'identification d'une communauté ; elle crée des histoires qui expriment le monde. Par ses mythologies, elles racontent l'univers et lui donnent un sens ; et pour qu'elles soient plus faciles à raconter, les mots de ses langues sont imprégnés de ce sens, comme si les mots pouvaient se souvenir de ce que les hommes oublieraient... comme si les mots avaient une mémoire d'avant les mots, d'avant les hommes...
Si la spiritualité est individuelle : une religion est une spiritualité mise en culture, en commun... C'est un écosystème de spiritualités...
Les langues :
Les langages existent dans la nature ; les animaux d'une même espèce se comprennent ; certaines espèces envoient des signes à d'autres dont elles attendent une intervention pour leurs besoins propres ; certaines, à l'inverse, savent lire des signes chez d'autres pour leur propre service...
Mais au regard des langages des hommes, c'est très limité
Chez celui-ci, non seulement les langages sont multiples et d'une grande diversité, selon les groupes, mais ils sont très élaborés et en perpétuelle évolution, ceci expliquant en partie cela...
Mais ce n'est pas ce qui m'intéresse ici.
On a de traces de leurs origines qu'à partir de leur écriture... c'est à dire qu'on n'en sait rien...
Mais ce qui m'intéresse, c'est ce qu'elles semblent posséder de révélation, sur la vie, et le sens qu'en percevaient les anciens, qui me paraît vertigineux... Quelques exemples :
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hébreu Adam (de adamah : terre) : premier homme,
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latin homo (de l'indo-européen ghom : terre) : homme... comme un souvenir du passage du minéral au vivant...
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français : mére et mer... comme un souvenir que la vie est née dans la mer ; et comme l'intuition que les enfants de toujours, se développent dans un environnement liquide et salé au ventre de sa mère...
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Et comment, dès lors, la Bible n'aurait pas fait naître le Fils de l'Homme, qui dit « Je suis la Vie », en Marie (de Myriam ; hébreu : goutte de mer) ?
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Français : marche (d'un mot germanique : imprimer un pas, laisser son empreinte... voisin de marque) ; aux marches de (dans une zone frontalière à l'approche d'un but...) En fait, c'est exactement ce que fut la marche pour l'humanité : l'homo erectus, en se déplaçant sur ses deux pieds, marque une frontière dans l'évolution vers l'humanité, dont l'archéologie et la langue gardent pareillement l'empreinte...
L'agriculture
Par sa capacité de créateur, d'organisateur, par sa compréhension de la nature et selon son modèle, l'homme s'est mis en tête de se façonner pour lui-même un environnement, de se créer un écosystème à son service vivrier...
Il a collecté, attiré à lui, plantes et animaux, non plus pour les consommer, mais pour en faciliter la reproduction ; ce qu'il lui fallait cueillir ou chasser, il l'a domestiqué... Il s'est aussi construit les abris qu'il avait à disputer aux autres animaux, dans les aspérités naturelles...
Il ne s'est pas, pour autant, refermé sur lui-même, mais seulement prélevé des bouts de nature, tout en en laissant la plus grande part aller son rythme, et surtout, il a poursuivi avec elle son dialogue amoureux, la laissant pénétrer son espace, pour ce qu'elle ne lui nuisait pas, et consommer ses surplus... et continuant de s'y ressourcer (d'y puiser des ressources spirituelles et matérielles)...
La propriété privée
Il y a, dans la nature, une notion de territoire, qui est différente selon les espèces, les époques et les individus. Elle se fait valoir devant un rival ou un agresseur, par un mâle, une femelle, un groupe... principalement en période de reproduction, et en permanence pour certaines espèces...
Il ne s'agit pas, à proprement parler, de défendre un droit de propriété, mais plutôt d'un droit d'usage, d'un espace vital : j'ai à faire ici, et je n'y souffre pas qu'on y vienne perturber ce que j'y fais
Nous n'en sommes pas encore, avec l'agriculture, avec l'édification de temples ou de lieux résidentiels, à la propriété privée, mais il y en a les prémices :
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l'espace est encore collectif pour le groupe, et c'est encore l'usage qui est à défendre
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mais par ses activités spécifiques multiples, l'homme se fabrique autant de rivaux et d'agresseurs qu'en ont, dans la nature, les plantes qu'il cultive et les animaux de ses troupeaux... S'y ajoutent encore les ravageurs de ses abris, les profanateurs de ses lieux sacrés... L'avantage compétitif de son organisation l'a fait croître et prospérer, mais sa prospérité porte en elle-même sa fragilité : c'est bientôt avec ses semblables qu'il est en compétition. Car toutes ces choses dont ses ancêtres s'étaient passé, lui apparaissent comme des acquis vitaux à défendre...